Δαίδαλος

En attendant le prochain article, et parce que le terme de « dédale » illustre assez bien la situation présente…Dedal 1(camion vu roulant sur un pont de la région parisienne, de nuit – d’où une photo polonaise récupérée sur Internet, parce que je ne dégaine pas encore plus vite que mon ombre)

Internet grouille d’articles en tout genre sur les différentes étapes du cycle crétois – Europe, Minos, Thésée, le Minotaure, Ariane, la chute d’Icare, Phèdre… Et pour cause, non seulement l’histoire est extraordinairement riche, tentaculaire, et fascinante, mais à voir les vases, les fresques et les mosaïques qui sont parvenus jusqu’à nous, c’était un véritable best-seller dans la Méditerranée antique. Le but n’est donc pas ici de refaire ce que d’autres ont déjà fait mieux que moi, mais simplement de retracer rapidement l’histoire de Dédale, dont on ne connaît en général que le moment principal, la fin…

Dédale est athénien d’origine. Il est décrit ainsi par le Pseudo-Apollodore (Bibliothèque, III, 15) : « ἦν γὰρ ἀρχιτέκτων ἄριστος καὶ πρῶτος ἀγαλμάτων εὑρετής », « Il était en effet le meilleur des architectes et le premier inventeur des statues/images » (-> terme traduit en général par « art figuratif » : ἄγαλμα = statue ou toute image (d’un dieu à la base)). Le personnage, très intelligent, est pourtant surpassé par son neveu et élève, Talos ou Perdix (cf. Ovide, Métamorphoses, VIII), qui invente, à douze ans, rien moins que la scie et le compas… Énervé, Dédale le pousse tout simplement du haut de l’Acropole, et son crime pour le moins subtil est aussitôt découvert. Intelligent mais pas tant que ça. Pour la petite histoire, Perdix est alors transformé en perdrix, d’après Ovide…

Condamné, Dédale se réfugie en Crète auprès du roi Minos, qui est le fils de Zeus et d’Europe (vous savez, l’histoire du taureau : )Dedal 2

Pendant qu’on y est, on va éviter de perdre tout le monde et mettre là un petit arbre généalogique (incomplet) de la famille de Minos, même si ce n’est pas le sujet principal. Zou :Dedal 3

C’est tout de suite plus clair, hein.

Un taureau plus tard donc, Dédale ressurgit pour répondre à la demande de Pasiphaé : séduite par le magnifique animal blanc que son mari a négligé de sacrifier à Poséidon, elle cherche un moyen de copuler avec. Et Dédale trouve une solution à son problème : il lui fabrique une vache en bois à l’intérieur de laquelle elle pourra assouvir son désir impie. Malgré la monstruosité de l’épisode qui suit, les Romains semblent avoir eu un certain goût pour cette histoire :Dedal 4Dedal 5

On connaît bien la suite (et ce sont les épisodes de loin les plus représentés) : le Minotaure naît (et, pour une raison mystérieuse, ce bovidé est carnivore), et pour s’en débarrasser la conscience tranquille, Minos a l’idée de le transformer en cauchemar pour les Athéniens vaincus à la guerre : il fait construire à Dédale le λαβύρινθος, le labyrinthe (l’origine du mot est obscure) où il enferme de Minotaure. Tous les neuf ans, les Crétois exigent des Athéniens le tribut de sept jeunes gens et sept jeunes filles, sacrifiés au monstre… Et la troisième fois, Thésée, le fils du roi d’Athènes Égée et lui aussi descendant de Zeus (ah bah oui), se porte volontaire, parvient à tuer la bête et, grâce à Ariane, à ressortir du labyrinthe, puis rentre chez lui en oubliant Ariane sur la route. (Cette histoire est truffée de motifs qui reviennent : dans sa jeunesse, Minos a lui aussi remporté la victoire grâce à la trahison de la fille du roi ennemi : il s’agissait de Scylla, fille du roi d’Athènes d’alors… et lui aussi, il l’avait repoussée…)

Alors, pour une raison et dans des circonstances qui varient, Dédale prend la voie des airs… Jeté par Minos dans son propre labyrinthe, ou simplement pris de nostalgie pour Athènes, il entreprend de quitter la Crète en volant, avec son fils, Icare. Comme tout le monde connaît cette histoire, qui a donné lieu à des milliers d’illustrations et d’interprétations, voici simplement une dernière petite fresque de Pompéi (où on trouve pas mal d’autres représentations de l’épisode) :Dedal 6

Et, alors qu’il porte son fils au tombeau, une perdrix ricane et applaudit en le voyant pleurer… Car rira bien qui tombera le dernier.

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